- Prenez rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ avant de signer le moindre devis.
- Vérifiez la forme de détention : une SCI n’a pas accès aux mêmes aides qu’un bailleur personne physique.
- Choisissez des entreprises qualifiées RGE, condition de la plupart des aides.
- Ne commencez aucun travaux avant le dépôt des demandes d’aide.
- Conservez factures et DPE avant et après travaux pour le déficit foncier majoré.
MaPrimeRénov’ : quelles conditions pour un bailleur en 2026 ?
MaPrimeRénov’ finance la rénovation d’ampleur des logements classés E, F ou G, construits depuis au moins quinze ans, avec l’appui obligatoire d’un Accompagnateur Rénov’.
Pour les dossiers déposés jusqu’au 31 décembre 2026, une délibération de l’Agence nationale de l’habitat réserve ce parcours aux propriétaires bailleurs personnes physiques dont les ressources ne dépassent pas les plafonds dits très modestes (ANIL, septembre 2026). Les SCI ne sont pas visées sur cette période.
- Trois logements au maximum par bailleur, sur cinq ans.
- Un gain d’au moins deux classes au DPE.
- Une location pendant au moins six ans après les travaux, dans le respect des critères de décence.
Le guichet a été suspendu du 1er janvier au 23 février 2026, et les règles ont été modifiées en cours d’année. Pour un immeuble entier, l’aide ne couvre donc au mieux qu’une partie des logements. Vérifiez les conditions à jour sur le site France Rénov’ avant d’intégrer ce montant dans un plan de financement.
L’éco-prêt à taux zéro
L’éco-prêt à taux zéro finance des travaux de rénovation énergétique sans intérêts, sans condition de ressources. Il est ouvert aux propriétaires bailleurs, pour des logements utilisés comme résidence principale et achevés depuis plus de deux ans.
Selon Service-Public, vérifié au 1er septembre 2026 :
- jusqu’à 50 000 € pour une rénovation globale, avec un audit démontrant un gain d’au moins deux classes ;
- de 7 000 € à 30 000 € pour une ou plusieurs actions ciblées ;
- une durée de remboursement jusqu’à vingt ans pour une rénovation globale ;
- des travaux à achever dans les trois ans suivant l’octroi.
Le prêt est accordé logement par logement, par une banque ayant signé une convention avec l’État. La banque reste libre de l’accorder au vu de votre capacité de remboursement.
La page de Service-Public ne précise pas les conditions applicables à une SCI : interrogez votre banque sur ce point avant de bâtir un plan de financement.
Les certificats d’économies d’énergie
Les certificats d’économies d’énergie obligent les fournisseurs d’énergie à financer des économies d’énergie. Ils versent des primes aux propriétaires qui réalisent des travaux éligibles, quelle que soit leur forme de détention.
Pour un immeuble entier, ces primes portent notamment sur :
- l’isolation des combles, des toitures, des murs et des planchers bas ;
- le remplacement d’une chaudière collective ou individuelle ;
- le raccordement à un réseau de chaleur ;
- la régulation et l’équilibrage du chauffage collectif.
Le montant varie selon l’opération, la surface, la zone climatique et l’offre du fournisseur. Il faut accepter l’offre de prime avant de signer le devis des travaux : une demande présentée après coup est refusée.
Les primes peuvent se cumuler, sous conditions, avec MaPrimeRénov’ et l’éco-prêt à taux zéro. Comparez plusieurs offres : les écarts entre fournisseurs sont fréquents. Pour un immeuble entier, regrouper les travaux de plusieurs logements dans une même demande facilite souvent l’instruction et la comparaison.
Le déficit foncier majoré
Pour un bailleur soumis au régime réel des revenus fonciers, les travaux de rénovation énergétique créent un déficit foncier imputable sur le revenu global, dans une limite majorée.
Le plafond de droit commun est de 10 700 € par an. Il est porté à 21 400 € à concurrence des dépenses de rénovation énergétique qui font passer un logement d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D. La loi de finances pour 2026 a prorogé ce dispositif pour les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027 (ANIL).
Le logement doit être loué nu. Le gain de classe se justifie par un DPE avant travaux et un DPE après travaux. Le rehaussement est une option, exercée lors du dépôt de la déclaration de revenus fonciers.
Ce levier ne joue que pour un propriétaire imposé à l’impôt sur le revenu, directement ou par une SCI translucide, et disposant de revenus imposables suffisants. Il concerne celui qui conserve l’immeuble : vendre peu après les travaux peut remettre en cause l’imputation, selon les règles de détention minimale. Le ministère de l’Économie en résume les conditions.
Les aides suffisent-elles à justifier de rénover avant de vendre ?
Elles allègent le coût, elles changent rarement la décision à elles seules. Pour un immeuble entier, MaPrimeRénov’ est plafonnée à trois logements et réservée en 2026 aux bailleurs aux ressources très modestes ; le déficit foncier profite surtout à celui qui conserve l’immeuble ; l’éco-prêt reste un crédit.
Les aides sont décisives pour un propriétaire qui garde l’immeuble et dispose de revenus imposables : la rénovation améliore alors durablement les loyers et la valeur du patrimoine. Si c’est votre situation, rénover est probablement la meilleure voie.
Pour un vendeur qui souhaite sortir rapidement, les aides se heurtent aux délais de dépôt, aux engagements de location et au temps du chantier. Notre guide rénover ou vendre propose une méthode de comparaison.
Un acquéreur en l’état reprend le programme de travaux, les baux et les échéances de décence, et mobilise ses propres financements. Rachat Immeubles étudie, en Île-de-France, des immeubles de 2 à 20 logements à rénover ; la proposition écrite remise après visite précise les travaux pris en compte.
Questions fréquentes
Une SCI peut-elle obtenir MaPrimeRénov’ pour son immeuble ?
Pas pour les dossiers déposés jusqu’au 31 décembre 2026 dans le parcours accompagné, réservé aux bailleurs personnes physiques aux ressources très modestes. Les certificats d’économies d’énergie restent accessibles quelle que soit la forme de détention. Les conditions pouvant évoluer, vérifiez-les auprès d’un conseiller France Rénov’.
Peut-on cumuler l’éco-prêt à taux zéro et les primes CEE ?
Oui, sous conditions. L’éco-prêt finance le reste à charge après déduction des primes. Les certificats d’économies d’énergie se cumulent également avec MaPrimeRénov’, dans les limites de plafonds d’aide. La banque et le fournisseur d’énergie demandent les mêmes devis d’entreprises qualifiées RGE.
Les aides restent-elles acquises si l’immeuble est vendu après travaux ?
Pas toujours. MaPrimeRénov’ impose de louer au moins six ans : une vente anticipée peut entraîner un remboursement partiel si l’engagement n’est pas repris. L’éco-prêt devient en principe exigible à la vente. Vérifiez ces engagements avec votre notaire avant de signer une promesse.
Sources
Information générale, pas un conseil juridique. Ce guide présente des règles générales à la date indiquée. Il ne remplace pas l’avis d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseil fiscal, qui seul peut tenir compte de votre situation.