Quelles procédures peuvent imposer des travaux à un immeuble ancien ?
Quatre procédures reviennent dans la plupart des dossiers franciliens, avec des autorités et des effets différents sur la vente.
| Procédure | Autorité | Effet principal |
|---|---|---|
| Injonction de ravalement | Maire | Travaux à engager sous six mois, puis arrêté et exécution d’office possibles |
| Arrêté de mise en sécurité | Maire, sauf règles propres à Paris | Travaux prescrits, loyers suspendus pour les locaux visés |
| Arrêté de traitement de l’insalubrité | Préfet, sauf transfert de compétence | Mêmes effets, pour un danger pour la santé |
| Constat de risque d’exposition au plomb | Diagnostiqueur certifié | Information des occupants et travaux si revêtements dégradés |
Voir injonction de ravalement, arrêté de mise en sécurité, insalubrité et plomb.
Comment se déroule une injonction de ravalement ?
À Paris et dans les communes inscrites sur une liste préfectorale, la mairie peut enjoindre au propriétaire de ravaler ses façades, au moins une fois tous les dix ans.
L’obligation ne naît pas automatiquement au bout de dix ans : c’est l’injonction qui la rend exigible (art. L126-2 du code de la construction et de l’habitation). Le propriétaire dispose de six mois pour engager les travaux. À défaut, le maire peut les prescrire par arrêté, avec un délai d’exécution d’un an au plus (art. L126-3). Si la sommation reste sans effet, il peut les faire exécuter d’office, sur autorisation du juge, aux frais du propriétaire.
Ces délais sont courts au regard du temps nécessaire pour réunir des devis et choisir un maître d’œuvre. Une injonction reçue doit donc être traitée tout de suite, même si la vente est envisagée.
Que change un arrêté de mise en sécurité ou d’insalubrité ?
Un arrêté suspend les loyers des locaux visés et impose au propriétaire des travaux dans un délai fixé, sous peine d’astreinte.
Pour les locaux visés, le loyer n’est plus dû à partir du mois suivant celui où l’arrêté est notifié ou affiché, et le redevient le mois suivant la mainlevée (art. L521-2 du code de la construction et de l’habitation). Les baux ne sont pas résiliés : leur durée est suspendue. Le propriétaire doit, selon les cas, héberger ou reloger les occupants, ou en supporter le coût.
Faute d’exécution dans le délai, une astreinte journalière plafonnée à 1 000 € s’applique et les travaux peuvent être exécutés d’office (art. L511-15). Un logement libéré ne peut pas être reloué avant la mainlevée. Depuis 2021, l’arrêté de mise en sécurité remplace l’ancien arrêté de péril.
Peut-on vendre un immeuble sous arrêté ?
Oui. Aucun texte n’interdit la vente : l’arrêté suit l’immeuble, et l’acquéreur devient tenu des mesures prescrites.
Le vendeur doit déclarer l’arrêté, qu’il soit publié ou non au fichier immobilier. Le notaire le recherche auprès de la mairie et de la préfecture. Taire une procédure exposerait le vendeur à une action de l’acquéreur après la vente. L’acte règle aussi plusieurs points que la loi laisse aux parties :
- le sort des astreintes déjà liquidées et des frais avancés par la commune ;
- la situation de chaque local : loyers suspendus, occupants hébergés ou relogés ;
- l’avancement des travaux et les marchés déjà signés.
Un acheteur particulier obtient difficilement un prêt pour un immeuble sous arrêté. Les acquéreurs réalistes sont ceux qui peuvent financer le chantier et le relogement.
Quelles obligations pour le plomb et l’amiante ?
Les parties communes d’un immeuble d’habitation construit avant le 1er janvier 1949 doivent avoir fait l’objet d’un constat de risque d’exposition au plomb.
Si ce constat révèle des revêtements dégradés au-delà des seuils, le propriétaire informe les occupants et réalise les travaux qui suppriment le risque (art. L1334-9 du code de la santé publique). Ces travaux ne sont pas récupérables sur les locataires. Un constat est aussi exigé avant tout chantier qui altère les revêtements, comme un ravalement de cage d’escalier.
Pour l’amiante, le propriétaire d’un immeuble collectif dont le permis est antérieur au 1er juillet 1997 tient à jour un dossier technique des parties communes. Les logements font l’objet de leur propre repérage lors de la vente. Beaucoup d’immeubles familiaux n’ont jamais fait réaliser ces documents : il est utile de les régulariser dès que la vente est envisagée. Voir amiante et dossier technique.
Quelles règles de performance énergétique pèsent sur un immeuble de rapport ?
Depuis le 1er janvier 2025, en métropole, un logement classé G n’est plus décent pour les baux signés, renouvelés ou tacitement reconduits.
La loi prévoit d’étendre cette règle aux logements classés F, puis E, selon un calendrier fixé. Les loyers des logements classés F ou G ne peuvent déjà plus être augmentés lors d’un renouvellement ou d’une relocation. Pour un immeuble de rapport, un logement qui ne peut plus être loué ne produit plus de revenu tant qu’il n’est pas rénové.
À la vente, un immeuble en monopropriété classé F ou G, et E depuis le 1er janvier 2025, doit être accompagné d’un audit énergétique. Celui-ci propose des scénarios de travaux chiffrés. L’acquéreur s’en sert pour chiffrer la rénovation ; le vendeur a intérêt à disposer de diagnostics à jour. Voir les diagnostics d’un immeuble en monopropriété, l’audit énergétique à la vente, le calendrier d’interdiction de louer et vendre une passoire thermique.
Faut-il rénover avant de vendre ou vendre en l’état ?
Rénover avant de vendre a du sens si vous disposez du temps, de la trésorerie et de la capacité à piloter un chantier en site occupé.
Dans le cas contraire, la vente en l’état transfère à l’acquéreur la charge des travaux, de leur financement et de leur coordination avec les occupants. Le prix en tient compte, mais vous évitez l’avance de fonds et l’aléa du chantier.
- Travaux urgents imposés : souvent plus simple de vendre en l’état.
- Ravalement seul sur un immeuble sain : le réaliser peut faciliter une vente par lots.
- Travaux d’embellissement : rarement rentables avant une vente en bloc.
- Performance énergétique : à chiffrer logement par logement.
Pour comparer les voies, voir vente en bloc ou à la découpe, rénover ou vendre un immeuble énergivore et vendre en l’état et vices cachés. Rachat Immeubles reprend, après étude du dossier et visite, des immeubles de 2 à 20 logements en l’état, injonctions ou arrêtés compris.
Tous les guides sur ce sujet
- Injonction de ravalement : quels délais, et peut-on vendre avant les travaux ?
- Arrêté de mise en sécurité (ex-péril) : pouvez-vous vendre l’immeuble ?
- Arrêté de traitement de l’insalubrité : pouvez-vous vendre, et à qui ?
- Plomb dans les parties communes : quelles obligations pour le propriétaire de l’immeuble ?
- Peut-on vendre un immeuble classé F ou G au DPE, et à quelles conditions ?
- DPE de l’immeuble ou DPE de chaque logement : que faire d’un mauvais classement avant de vendre ?
- Immeuble énergivore : faut-il le rénover avant de le vendre, ou le vendre en l’état ?
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Questions fréquentes
Faut-il réaliser le ravalement avant de vendre ?
Non, sauf si le délai fixé par la mairie expire avant la vente. L’injonction est déclarée à l’acquéreur, qui reprend l’obligation. L’acte peut prévoir la répartition du coût des travaux déjà engagés ou votés.
Un immeuble sous arrêté se vend-il moins cher ?
Le prix tient compte des travaux prescrits et de leurs effets éventuels sur les loyers. La différence dépend de l’ampleur des travaux. Un acquéreur professionnel sait chiffrer ces procédures et les reprendre ; un acquéreur particulier y renonce souvent.
Qui paie le diagnostic plomb des parties communes ?
Le propriétaire de l’immeuble, c’est-à-dire le vendeur tant que la vente n’est pas signée. Pour un immeuble en monopropriété construit avant 1949, ce constat concerne les parties communes ; les logements font l’objet de leur propre constat lors de la vente.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, article L126-3 (Légifrance)
- Code de la construction et de l’habitation, article L511-11 (Légifrance)
- Code de la construction et de l’habitation, article L521-2 (Légifrance)
- Code de la santé publique, article L1334-8 (Légifrance)
- Nouvelles obligations pour les logements avec une étiquette G — ANIL
- Audit énergétique réglementaire — Ministère de la Transition écologique
