Quelles étapes pour mettre un immeuble en copropriété ?
La mise en copropriété transforme un immeuble détenu par un seul propriétaire en lots distincts, chacun composé d’une partie privative et d’une quote-part de parties communes.
- Relevés et plans par un géomètre-expert, avec le calcul des surfaces et des tantièmes.
- État descriptif de division, qui identifie chaque lot.
- Règlement de copropriété, qui fixe la destination de l’immeuble, les parties communes et la répartition des charges.
- Diagnostic technique global, préalable obligatoire pour un immeuble construit depuis plus de dix ans (article L. 731-4 du code de la construction et de l’habitation).
- Acte notarié et publication au service de la publicité foncière.
- Organisation de la copropriété : syndic, immatriculation au registre national des copropriétés, comptes, assurance.
Ces étapes précèdent la première vente d’un lot. Elles supposent que le vendeur engage les frais avant d’avoir encaissé quoi que ce soit, ce qui distingue nettement la découpe de la vente en bloc.
Quels sont les postes de coût ?
Le coût d’une mise en copropriété dépend surtout de la taille de l’immeuble, de sa complexité et de l’état de ses parties communes.
| Poste | Intervenant | Ce qui fait varier le coût |
|---|---|---|
| Plans, surfaces, tantièmes | Géomètre-expert | Nombre de lots, plans existants, caves et combles |
| État descriptif et règlement | Géomètre, notaire | Lots commerciaux, parties communes spéciales |
| Publication | Notaire | Émoluments et contribution de sécurité immobilière |
| Diagnostic technique global | Professionnel qualifié | Surface, équipements collectifs |
| Diagnostics par lot | Diagnostiqueur | Âge du bâtiment, nombre de logements |
| Travaux préalables | Entreprises | Séparation des compteurs, réseaux, mises aux normes |
Le poste le plus lourd est souvent le dernier : individualiser les compteurs d’eau, d’électricité ou de gaz, reprendre des réseaux communs ou séparer des locaux peut demander des travaux importants. Des devis précis sont nécessaires avant de comparer découpe et vente en bloc.
Quelles obligations naissent avec la copropriété ?
Une fois créée, la copropriété est soumise à des obligations permanentes que le vendeur assume tant qu’il conserve des lots.
- Syndic et assemblée générale : la copropriété doit être administrée, avec des comptes et un budget votés.
- Projet de plan pluriannuel de travaux : obligatoire pour les immeubles d’habitation de plus de quinze ans, sauf dispense par un diagnostic technique global ne relevant aucun besoin de travaux sur dix ans.
- Fonds de travaux, alimenté par des cotisations, sauf dispenses prévues par la loi.
- DPE collectif, désormais exigé pour toutes les copropriétés d’habitation dont le permis a été déposé avant 2013.
- Information des acquéreurs : chaque vente de lot s’accompagne de documents sur la copropriété, ses charges et ses travaux.
Le diagnostic technique global réalisé avant la mise en copropriété dresse la liste des travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble sur dix ans et en évalue sommairement le coût. Ce document, remis aux futurs acquéreurs, peut révéler des travaux qui pèseront sur le prix des lots.
Quelles règles limitent la division d’un immeuble ?
La division d’un immeuble existant est encadrée par le code de la construction et de l’habitation et par la loi de 1975 lorsque des locataires sont en place.
Toute division créant des locaux d’habitation d’une surface inférieure à 14 m² et d’un volume inférieur à 33 m³ est interdite, de même qu’une division privant des locaux d’eau potable, d’évacuation ou d’électricité (article L. 126-17). Dans les zones qu’elles délimitent, les collectivités peuvent soumettre la création de plusieurs logements dans un immeuble existant à une autorisation préalable. Le plan local d’urbanisme peut aussi imposer des règles propres aux changements de destination.
Lorsque l’immeuble est occupé, chaque locataire bénéficie d’un droit de préemption lors de la première vente de son logement après la division. Le vendeur ne doit jamais chercher à faire partir un locataire pour vendre libre : les règles de congé sont strictes et toute pression est proscrite.
Rachat Immeubles achète des immeubles entiers sans mise en copropriété préalable, après étude du dossier et visite, ce qui épargne ces frais au vendeur.
Questions fréquentes
Le diagnostic technique global est-il toujours obligatoire ?
Il est obligatoire avant la mise en copropriété d’un immeuble construit depuis plus de dix ans. L’ancienneté s’apprécie à la date de la mise en copropriété. Pour les copropriétés déjà constituées, il est facultatif et relève d’une décision de l’assemblée générale, à l’initiative du syndic ou de copropriétaires.
Faut-il un syndic professionnel dès la création de la copropriété ?
La copropriété doit avoir un syndic dès sa création. Il peut être professionnel ou non professionnel, selon les règles de la loi de 1965. Tant que le vendeur détient la majorité des lots, il pèse sur les décisions, mais il doit respecter les règles de convocation, de vote et de tenue des comptes.
Peut-on vendre en bloc un immeuble déjà mis en copropriété ?
Oui. Un propriétaire qui détient tous les lots d’une copropriété peut les vendre ensemble à un même acquéreur. Le règlement de copropriété subsiste, sauf décision de le supprimer. Les obligations propres aux copropriétés, comme le projet de plan pluriannuel de travaux, restent applicables tant que la copropriété existe.
Sources
- Article L. 731-4 du code de la construction et de l’habitation — Légifrance
- Diagnostic technique global de la copropriété — Service-public.fr
- Plan pluriannuel de travaux en copropriété — Service-public.fr
- Article L. 126-17 du code de la construction et de l’habitation — Légifrance
- Article 10 de la loi n° 75-1351 du 31 décembre 1975 — Légifrance
Information générale, pas un conseil juridique. Ce guide présente des règles générales à la date indiquée. Il ne remplace pas l’avis d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseil fiscal, qui seul peut tenir compte de votre situation.