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SCI familiale : que faire quand les associés ne sont plus d’accord ?

Rédigé par Rachat ImmeublesMis à jour le 5 novembre 2026Sources officielles en fin de page

En brefLe désaccord se règle d’abord par les statuts, qui fixent les majorités et les pouvoirs du gérant. Un associé peut sortir en cédant ses parts, sous réserve d’agrément, ou en demandant son retrait, au besoin en justice pour justes motifs. Si la mésentente paralyse la société, le tribunal peut prononcer sa dissolution, qui conduit généralement à la vente de l’immeuble.

Que prévoient les statuts en cas de blocage ?

Les statuts sont le premier outil. Ils fixent les majorités requises pour chaque décision, les pouvoirs du gérant, les modalités de sa révocation et les conditions de cession des parts. Avant toute démarche, il faut les relire avec un conseil, avec leurs éventuelles modifications.

Trois situations se rencontrent souvent dans les SCI familiales :

  • des associés à parts égales, sans majorité possible, par exemple deux frères à 50 % chacun ;
  • un gérant qui gère seul, sans réunir d’assemblée ni rendre de comptes ;
  • des associés minoritaires qui souhaitent sortir alors que les majoritaires veulent conserver l’immeuble.

Chaque associé dispose d’un droit d’information sur la gestion et peut obtenir la communication des documents sociaux. Lorsqu’aucune assemblée n’est réunie, il peut demander au gérant d’en convoquer une, puis saisir le juge pour faire désigner un mandataire chargé de la convoquer.

Lorsque les statuts permettent de trancher, la décision s’impose à tous, même aux opposants. Le contentieux naît surtout lorsque les statuts n’offrent aucune majorité.

Un associé peut-il quitter la SCI ?

Oui, par deux voies distinctes.

La cession de ses parts. Elle requiert par défaut l’agrément de tous les associés, sauf clause différente des statuts (art. 1861 du code civil). Si l’agrément est refusé, les autres associés ou la société doivent pouvoir racheter ; à défaut d’offre dans les six mois de la dernière notification, l’agrément est réputé acquis, sauf dissolution décidée dans ce délai (art. 1863).

Le retrait. Un associé peut se retirer dans les conditions prévues par les statuts ou, à défaut, avec l’accord unanime des autres associés. Il peut aussi obtenir son retrait par décision de justice pour justes motifs (art. 1869). Il a droit au remboursement de la valeur de ses parts, fixée à défaut d’accord par un expert désigné selon l’article 1843-4 du code civil.

Le retrait pose une difficulté pratique : la SCI doit payer l’associé sortant. Si elle n’a pas de trésorerie, elle doit emprunter ou vendre tout ou partie de l’immeuble, ce qui ramène souvent la question de la vente.

Peut-on demander la dissolution de la SCI ?

Oui. Un associé peut demander au tribunal de prononcer la dissolution anticipée de la société pour justes motifs, notamment en cas de mésentente entre associés paralysant le fonctionnement de la société (art. 1844-7, 5° du code civil).

Le juge vérifie deux conditions : une mésentente réelle, et une paralysie effective de la société, par exemple l’impossibilité d’approuver les comptes, de nommer un gérant ou de décider des travaux nécessaires. Une simple divergence de vues ne suffit pas. L’associé qui a lui-même provoqué la mésentente peut se voir refuser la dissolution.

Si la dissolution est prononcée, un liquidateur est désigné. Il réalise l’actif, c’est-à-dire le plus souvent vend l’immeuble, règle les dettes de la société et répartit le solde entre les associés selon leurs droits.

La dissolution judiciaire est un levier sérieux mais lent et coûteux. Elle est souvent utilisée comme moyen de pression pour aboutir à un accord, plutôt que menée jusqu’à son terme.

Quelles solutions négociées éviter le tribunal ?

La plupart des conflits de SCI familiale trouvent une issue amiable, à condition de disposer d’une base de valeur partagée.

  • Le rachat des parts de l’associé sortant par les autres associés, financé par leur apport ou un emprunt personnel.
  • Le rachat par la société suivi d’une réduction de capital, si la SCI peut le financer.
  • La vente de l’immeuble puis la répartition du prix, après remboursement des dettes, et la dissolution amiable de la société.
  • La sortie en nature, lorsque l’immeuble est déjà divisé en lots et qu’un associé peut recevoir un ou plusieurs appartements.
  • La médiation, conduite par un médiateur ou par le notaire de famille, qui permet de séparer les questions affectives des questions financières.

Une proposition écrite d’un acheteur tiers, même si la famille ne la retient pas, fournit souvent le point de repère qui débloque la discussion sur le prix de rachat des parts.

Vendre l’immeuble pour sortir du conflit : comment procéder ?

Lorsque les associés retiennent la vente, la décision doit être prise selon les règles des statuts. Le procès-verbal d’assemblée autorisant la vente, et désignant la personne habilitée à signer, est une pièce exigée par le notaire.

Le vendeur est la SCI. L’acheteur acquiert l’immeuble, ses baux et ses diagnostics ; il ne reprend ni les comptes ni les dettes de la société. Cette séparation est souvent ce qui rend la vente acceptable pour tous : chacun sait que le prix sera réparti après remboursement des emprunts et paiement de l’impôt éventuel, puis que la société pourra être dissoute.

Pour comparer cette voie avec la cession de parts, notre guide sur la vente de l’immeuble ou des parts de SCI détaille les différences.

Lorsque l’immeuble compte de 2 à 20 logements en Île-de-France, Rachat Immeubles peut étudier le dossier de façon confidentielle et, après visite, adresser à la gérance une proposition écrite et motivée, transmissible à tous les associés.

Questions fréquentes

Deux associés à 50 % peuvent-ils sortir du blocage sans juge ?

Oui, s’ils s’accordent sur une issue : rachat des parts de l’un par l’autre, vente de l’immeuble ou dissolution amiable. Sans accord, aucune majorité n’est possible et seul le juge peut trancher, par exemple en prononçant la dissolution pour mésentente paralysant la société. Une médiation préalable est souvent utile.

Le gérant peut-il vendre l’immeuble seul ?

Uniquement si les statuts lui en donnent le pouvoir. Dans la plupart des SCI familiales, la vente de l’immeuble, qui constitue souvent l’objet même de la société, exige une décision collective des associés. Le notaire vérifie les statuts et demande le procès-verbal d’autorisation avant toute signature.

Comment est fixée la valeur des parts d’un associé qui se retire ?

À défaut d’accord amiable, la valeur est fixée par un expert désigné par les parties ou, faute d’entente, par le président du tribunal, conformément à l’article 1843-4 du code civil. L’expert part de la valeur de l’immeuble, déduit les dettes de la société et tient compte des clauses statutaires.

Information générale, pas un conseil juridique. Ce guide présente des règles générales à la date indiquée. Il ne remplace pas l’avis d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseil fiscal, qui seul peut tenir compte de votre situation.

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